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 Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus]

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Rasmus RaskHistoria PactumRasmus Rask
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MessageSujet: Re: Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus]   Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus] - Page 2 EmptyMar 18 Fév - 0:53
Rasmus lui concéda son premier point avec un sourire.

- Oui, bon... je suis pas à l'abri de sortir quelques banalités de temps en temps quand même.

Il ne voulait pas entrer dans des précisions trop techniques sur sa peinture, mais parfois c'était justement ces banalités qui, aussi anecdotiques qu'elles puissent sembler, venaient cimenter les détails plus massifs, plus personnels. Au final, chaque individu n'était qu'une petite somme de choses très importantes, entouré d'un océan d'insignifiance, qui pourtant nous permettaient de partager, communiquer avec nos semblables. On pouvait appeler cela de bien des manières, culture, socialisation, mais c'était cette matière qui, avant nos parcours, nos traumatismes, nos espoirs ou nos peines, formait le coeur de notre identité, et il ne fallait pas la négliger.

La réponse suivante de Maxime le laissa personnellement plus dubitatif. Bien qu'il fasse un travail assez conséquent sur lui même pour ne pas juger, après tout ses modèles devaient se sentir en confiance et libres de parler en toute sécurité, il n'était tout de même qu'un débutant dans l'art de la peinture vivante et avait encore du mal à canaliser sa franchise. Celle-ci avait d'autant plus tendance à se manifester qu'il était extrêmement concentré sur son travail et le prenait à coeur, ayant de fait plus tendance à surréagir qu'au début de la séance. Pourtant s'il allait se laisser aller à un commentaire, les derniers mots de Maxime eurent pour effet de refroidir ses ardeurs. S'il y avait bien quelque chose que le Serpentard n'appréciait pas, c'était les gens qui se dévalorisaient. Connaitre ses faiblesses était une chose, nécessaire d'ailleurs, mais s’apitoyer dessus, sans essayer ou de les atténuer, ou de les exploiter, voila qui était plus embêtant. Aux yeux du jeune homme, en tant que sorciers, ils avaient tous, quel que soit leur âge, cet espèce de devoir de faire honneur à la magie qui coulait dans leurs veines. Ils étaient la force, ils étaient le pouvoir. Autant dire qu'un magicien qui n'exploiterait pas pleinement son potentiel était, pour le Serpentard, touché par une forme d'indignité.

- Pathétique ? hm... C'était clairement une expression de désapprobation, il posa un instant son fusain. C'est une drôle de façon de voir les choses, non ? Te définir uniquement par ce que tu peux apporter aux autres...

Rasmus avait bien conscience qu'il n'était pas trop censé faire ça, donner son avis, mais d'un autre côté, peut-être que "chatouiller" un peu Maxime sur ses convictions pouvait faire sortir de nouvelles informations. Restait à le faire avec tact.

- Pourtant t'as des projets, non ? Des projets personnels, de ce que tu as laissé entendre tout à l'heure. Eux aussi ils te définissent...

A moins que même ces ambitions là soient dirigées vers les autres ? C'était vraiment une perspective que le jeune homme avait du mal à saisir. La suite de sa réponse, pourtant, apportait de nouveaux éléments. Petit à petit, par étapes, Rasmus commençait à mieux cerner l'état d'esprit de Maxime qui pourtant lui était assez étranger par bien des aspects. Pensif, il hochait la tête en laissant parler le jeune homme, ajoutant parfois un détail à sa peinture, mais attendant le plus souvent de posséder plus d'informations avant de se lancer dans des traits francs.

- C'est amusant. Il avait dit ça très sérieusement et se reprit. Enfin, pas dans le sens risible, hein. Je veux dire... tu as l'air de toujours te penser dans le groupe. En couple ou en société, mais jamais "seul", comme si tu ne fonctionnais qu'en synergie avec les autres.

Une chose de plus qui laissait le peintre pensif. S'il avait indubitablement certains points communs avec son modèle, les deux garçons étaient par d'autres aspect radicalement différents, Rasmus accordant infiniment plus d'importance à l'individualité qu'à son rapport aux autres, qu'il avait d'ailleurs assez maladroit en général. Il se construisait seul et n'avait jamais vu son entourage et la société que comme, au mieux, une source de joie, au pire comme une gêne dans ses projets.

Les dernières paroles de Maxime, si elles nuançaient un peu son propos, mettant manifestement le couple au dessus du reste, en terme de relations, venaient néanmoins confirmer le sentiment général de Rasmus. Et également la question de son frère, qui flottait encore comme une ombre au dessus de leur discussion. C'était un sentiment assez satisfaisant, malgré l'aspect tragique du récit de son modèle, que de parvenir ainsi à mieux agencer les éléments qui constituaient son esprit. Comme on décode progressivement une énigme, Rasmus en tirait fierté et grisement.

- Tu es une sorte de romantique, quoi...

Cela lui tira un sourire amusé et il rajouta quelques nuances au portrait. N'empêche, c'était vraiment à se demander ce que fichait un gars comme ça avec MacArthur. A vu de nez, les deux garçons n'avaient, eux non plus, guère de points en communs. Sans doute que le britannique avait dû se jouer de lui.

Rasmus retint son geste. Les choses étaient soudain devenue plus claires. Bien sûr c'était de ça dont parlait Maxime à demi-mot depuis un moment : ces gens qui abusaient de lui, ces espoirs perdus, cette trace de mélancolie qui lui collait aux yeux... tout convergeait vers Peter. Il avait été aveugle de ne pas le voir plus tôt.

Retenant une moue de satisfaction, Rasmus se promit d'exploiter cela, à un moment ou un autre. Néanmoins, si les sentiments qu'avait éprouvé le français ne faisaient guère de doute à présent, ceux de MacArthur étaient encore flous. S'était-il simplement joué de lui, avait-il été à ce point cruel ? Ou y avait-il autre chose ? Le serpentard était bon pour repartir enquêter, manifestement.

Il était ainsi perdu dans ses pensées, si bien que la question de Maxime le prit un peu au dépourvu.

- Heu...

Ça c'était un peu le sujet qui fâche, avec lui. S'il y avait bien un domaine où, même caché derrière sa toile, il n'était pas très à l'aise, c'était celui de ses sentiments, et indirectement de sa sexualité. D'ailleurs c'était bien simple, les deux barbotaient au même stade : le plus inexistant possible.

- On inverse les rôles ? Tu prends le pinceau ?

C'était dit comme une boutade, mais ça lui permettait de réfléchir un peu. C'était peut-être une chose d'arriver à gagner la confiance de quelqu'un, c'était carrément plus difficile de la lui accorder. Rasmus s'était toujours senti à l'aise dans l'asymétrie de la relation peintre-modèle, qui lui permettait certes d'endosser la responsabilité de la bonne tenue des discussions et de l'orientation qu'elles prenaient. Casser cette dynamique lui était toujours inconfortable.

- Faudrait que je me case tout court, surtout. Il avait dit ça d'un ton un peu maussade. Mais au delà de son malaise, la question n'était pas inintéressante. Etait-il vraiment prêt à partager ses expériences, ses ambitions avec quelqu'un d'autre ? Je pense qu'un couple peut être intéressant , comme tu dis, si ça fait sortir de sa zone de confort. Explorer de nouveaux trucs, enfin, je veux dire, dans la vie, quoi, des centres d'intérêt différents... mais... je sais pas. En peignant les gens, je me rends compte aussi de leur complexité. Ça me parait toujours surprenant qu'on puisse accepter quelqu'un d'autre dans son intimité, dans sa tête presque, et qu'il nous accepte justement dans tous nos paradoxes et notre bizarrerie. Il haussa les épaules. J'ai l'impression que la plupart du temps, être en couple revient à un jeu de mensonge pour préserver un statu quo.

Dit ainsi, cela sonnait un peu déprimant, il fallait bien l'avouer. Pourtant c'était précisément cette idée qu'il se faisait des relations humains, qui bloquait Rasmus. Devoir jouer sur les faux-semblants, sur ce qui est socialement acceptable ou pas, en permanence, c'était épuisant. Et frustrant. A moins de tomber sur une personne véritablement capable de nous accepter entier, jusque dans notre part d'ombre, les relations en demi-teinte l'ennuyaient. Il ne croyait tout simplement pas au prince charmant.
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MessageSujet: Re: Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus]   Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus] - Page 2 EmptyVen 21 Fév - 18:57

Dessine-moi un sorcier | Rasmus & Maxime
Il essaye d’exposer sa vision des choses, sa vision de la vie. Et il est fort possible que Rasmus, ou n’importe qui d’autre, n’y adhère pas. Maxime a toujours été conscient de cela. Que son côté un peu trop fleur bleue et co-dépendant lui vaille des railleries de ses pairs. Il n’attend pas spécialement qu’on le valide, ni même qu’on le comprenne - simplement qu’on le respecte dans sa vision. Donc la désapprobation dans le ton de Rasmus ne lui est pas étrangère. Bien sûr qu’il ne peut pas comprendre. Enfin, il le pourrait s’il le voulait mais il n’a pas l’air du genre à trop s’attarder non plus sur les desiderata des uns et des autres. Le français redoute seulement le jugement qu’il peut avoir sur lui, qui se reportera automatiquement sur la toile qu’il a entre les mains. Et Maxime ne veut pas d’un portrait biaisé. Mais dire uniquement ce qui peut correspondre à la vision de la vie du peintre ne serait pas très honnête non plus. Il hausse donc les épaules.

“Certains se définissent contre les autres. Moi, je me définis avec et selon eux.” Il ne sait pas s’il devrait le regretter, ou en avoir honte. Pour lui, il n’y a rien de mal à laisser autant de place à une autre personne dans sa vie, même si cela implique de passer par des montagnes russes, en terme d’émotion. Mais sans cela, la vie serait bien terne, n’est-ce pas ?

“Bien sûr que mes projets me définissent, je ne dis pas le contraire. Et j’accorde autant d’attention, du moins je l’espère, à ces projets qu’à mon envie d’être avec quelqu’un. Comme beaucoup de monde, j’essaye d’avoir l’ensemble des deux, mais ce n’est pas évident. Et puis, il n’y a rien de mal à avoir pour ambition et projet les autres, justement. On est dans une société très individualiste et ce n’est clairement pas quelque chose qui me correspond.” Que ce soit dans sa vie privée ou professionnelle, Maxime veut aider, il veut apporter son soutien. Il a souvent pensé à la médicomagie comme potentielle carrière, mais ne s’est pas encore décidé. Les créatures magiques l’intéressent également beaucoup et sa volonté d’être partout à la fois pour aider tout le monde ne l’aide pas, lui, à se positionner sur un métier spécifique. Il est donc un peu perdu dans ses aspirations, bien que celles-ci soient louables. Mais Rasmus a sûrement raison sur ce point : il ne fonctionne bien qu’en mouvement avec les autres. Tout seul, il se sent vite perdu et terrassé, bien que la solitude puisse avoir ses bons côtés. Il a pu l’expérimenter plusieurs fois et ne la trouve pas si désagréable - simplement, il n’en fera pas un choix de vie. Maxime ressent ce besoin d’être entouré, bien que cela puisse provoquer des situations où les personnes qui l’entourent ne lui veulent pas que du bien. C’est un risque à prendre.

“Romantique, sûrement…” Il répond dans un petit rire, le regard un peu ailleurs. Étrangement, ce mot sonne bien à son oreille. On a souvent tendance à l’utiliser de manière péjorative, mais Maxime aime la romance. Il trouve cela beau, doux et apaisant à la fois, une sorte de havre de paix. Il aimerait qu’on exprime de la romance à son égard, peu importe sous quel trait de figure. Il en serait peut-être confus et gêné au départ, mais cela lui ferait énormément plaisir de recevoir un tel gage d’affection. Pour lui, recevoir une rose ou en offrir n’est pas quelque chose de risible.

Dans le déroulement de la conversation, il lui pose à son tour une question car après tout, pourquoi ne pas profiter de cet instant pour connaître un peu mieux le sorcier face à lui ? Certaines rencontres peuvent être importantes dans la vie d’une personne. Peut-être que Rasmus fera partie des rencontres cruciales de sa vie - ou peut-être pas. Seul le futur le dira. Cela semble le prendre au dépourvu et il espère ne pas avoir fait de gaffe. Il sourit un peu à sa boutade mais lui laisse tout de même le temps de lui répondre. Il sent dans sa voix et ses ses propos que le jeune homme n’arrive peut-être pas à, tout simplement, trouver sa place dans tout ce capharnaüm que sont les sentiments. Maxime ne sait pas si c’est une question de sexualité ou autre chose, mais il trouve touchant la façon dont Rasmus évoque le fait qu’être casé semble une épreuve pour lui. Mais après tout, qui a dit que les cases étaient importantes ?

“Un jeu de mensonge…” Ses propos le font évidemment réfléchir. Par exemple, à Peter. Avec lui, il a été honnête de bout en bout et n’a récolté que des faux semblants de sa part. Et dans quel but ? Il a sûrement raison. L’honnêteté radicale n’est pas possible dans un couple, ou alors ce dernier ne durerait pas longtemps. Bien qu’ils prônent la vérité et l’absence de faux-semblant, les gens n’aiment pas s’entendre dire les choses en face. Et il faut admettre que certaines réalités sont bien plus faciles à accepter lorsqu’elles ne sont pas dites.

“Et imaginons que toi et moi, on est un couple et qu’on décide ne pas jouer à ce jeu-là. Qu’on se dise que pour notre bien mutuel, on veut être entier l’un envers l’autre. Qu’est-ce que tu accepterais à contrecœur venant de moi ? Je veux dire par là… est-ce qu’il y a des facettes de ma personnalité qui sont difficilement acceptables pour un partenaire ?” Il est curieux de le savoir. Il ne s’est jamais autant ouvert à quelqu’un et face à l’honnêteté dont il fait preuve envers Rasmus pour le bien de ce tableau, il le pense en mesure de lui dire s’il y a des aspects de sa personnalité que, potentiellement, certaines personnes ne pourraient pas accepter. Il en a vu, lui, des gens complexes en voulant les peindre. Est-ce que ce serait si difficile de l’accepter, lui, dans son entièreté ? Est-ce à cause de son honnêteté envers Peter que celui-ci a pris la fuite, ne pouvant assumer ni accepter ce qu’il était prêt à lui offrir ?
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Rasmus RaskHistoria PactumRasmus Rask
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MessageSujet: Re: Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus]   Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus] - Page 2 EmptyDim 23 Fév - 19:22
Tout cela avait vraiment le don de laisser Rasmus pensif. Bien sûr, des gens sociables, qui s'épanouissaient au milieu des autres, il en connaissait des tas. Mais il avait toutefois beaucoup de mal à envisager que cela puisse être là le principal moteur d'une personne. Pour lui, quelqu'un d'extraverti avait simplement la chance de pouvoir cumuler individualisme et vie commune, mais Maxime ne semblait réellement accorder d'importance qu'à la deuxième.
Restait à savoir si c'était bien ainsi que le jeune homme fonctionnait, ou si ce dernier ne s'était tout simplement jamais encore accordé le temps et l'autorisation d'écouter ses propres envies, et que celle-ci restaient enfouies.

Mais au fond, ce n'était finalement qu'une nuance, qui n'empêchait pas le Serpentard de continuer son tableau. Après tout, il n'avait aucune prétention à le finir d'une seule traite, ç'aurait même été se précipiter de son avis, et il n'attendait pas que son modèle lui offre toute sa personnalité sur un plateau. Certaines choses se dévoilaient progressivement, et faire ce travail d'introspection permettait même souvent aux gens de mieux se comprendre eux-mêmes, ou de formuler des choses qui jusque là n'étaient que de l'ordre du ressenti.

- Alors... tu n'as jamais eu envie d'être un peu... égoïste ? Pas forcément dans le mauvais sens du terme, mais, je ne sais pas, de construire quelque chose juste pour toi ? Voire, au détriment des autres ?

Ce n'était pas une question piège, et le ton de Rasmus était clair là dessus. D'ailleurs cette fois il ne portait vraiment aucun jugement, juste de la curiosité franche. Pour essayer de formuler son questionnement, il ajouta :

- J'essaye de piger cet équilibre chez toi, entre l'ambition d'un côté, et ton envie de travailler avec les autres ou pour les autres, de l'autre. C'est pas forcément impossible loin de là, ça voudrait dire que t'es un gars... eh bin, sincèrement gentil, mais eh... Il eut un petit sourire malicieux. C'est peut-être mon côté cynique, mais j'ai un peu de mal à y croire complètement. Que t'ai bon fond, c'est certain, mais je me demande s'il y a pas autre chose qui te fait tripper quand même ?

Depuis Peter, il se méfiait de ses modèles. L'expérience qu'il avait tiré du portrait du jeune homme lui avait enseigné qu'il existait souvent plusieurs couches chez les individus, dont certains qu'ils ne s'avouaient pas eux-mêmes ou qu'il était difficile d'assumer. Le problème, bien souvent, c'était les tabous sociaux. Comment afficher ouvertement, voire revendiquer, comme avait pu le faire Peter, des inclinaisons en contradiction avec la morale ou les normes sociales ?

Alors pour y arriver, il fallait aussi donner un peu de son côté.

- Moi je pense être égoïste, tu vois. Sur la peinture, par exemple, c'est d'abord le dessin qui compte.

Ca l'embêtait de révéler ainsi certains des procédés de son travail, mais allez savoir pourquoi, il n'était pas complètement indifférent à l'honnêteté dont avait choisit de faire preuve Maxime, qui était finalement son premier vrai modèle à se montrer à ce point coopératif. En cela, même avec tout le recul dont il pouvait faire preuve, Rasmus restait tout de même humain, et de la pire espèce : celle des adolescents, et bien qu'il aimait à se persuader du contraire, il ne pouvait rester complètement indifférent à une marque d'empathie ou de bienveillance quand elle lui était adressé.

- Bon, je pense que t'en as fais un peu les frais, tout à l'heure, quand je t'ai un peu provoqué, mais c'est comme si certaines choses... eh ba, dépassaient juste les questions de politesse. Un bon tableau, c'est de l'investissement, ambitieux et j'ai l'impression qu'il n'y a pas de grands projets qui voient le jour sans un peu de... d'égoisme, ouais, de leur créateur, finalement. Peindre quelqu'un, mais aussi, je sais pas, construire un monument, diriger un pays, enfin, faire quelque chose de grand, c'est quand même une démarche forcément un peu mégalo, ou au moins un peu narcissique, ça me parait impossible de pas en passer par là. Même si c'est un truc qu'on fait à plusieurs, on le fait avant tout pour soi, non ?

Rasmus était un Serpentard. Quand le Choixpeau l'avait envoyé dans la maison des verts et argents, il avait d'abord été surpris. A ses yeux d'élève de onze ans, c'était juste un repaire de méchants, de sorciers fourbes et traitres. Mais paradoxalement, le jeune homme avait finit par trouver son compte sous ces couleurs. Non pas qu'il se soit lui-même jamais définit comme quelqu'un de malfaisant, mais parce que cette étiquette inattendue l'avait rapidement forcé à assumer ses qualités mais aussi ses défauts. Il n'y avait pas de honte à l'ambition, et pas de honte à l'individualisme. La gloire, le succès, les grandes découvertes ne s’embarrassaient pas de bons sentiments, et pourtant, c'étaient-elles qui depuis la nuit des temps façonnaient le monde et écrivaient l'histoire.



En tout cas, ses opinions avaient l'air de faire cogiter son modèle, en particulier la dernière phrase qu'il avait prononcé sur ce qu'était un couple. A présent que le tableau avançait et qu'une relation d'honnêteté avait réussi à s'être instaurée, il fallait la nourrir, et pour se faire, Rasmus n'avait pas d'autres choix que de jouer lui-même la carte de l'honnêteté. Un exercice dont il était peu familier mais qui, à pratiquer, se montrait relativement agréable. Ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait causer à cœur ouvert de certaines choses et si sa position de peintre le rassurait, lui permettant quand c'était nécessaire de se retrancher derrière sa toile et un air concentré, il était également soulagé de savoir que Maxime, aussi étrange que puisse lui sembler certaines de ses opinions, pouvait également en partager certaines. Rien n'était plus désagréable que d'essayer de causer à un profane.

Il écouta avec attention la question du jeune homme, fronçant les sourcils, concentré. Drôle de question, qui révélait d'ailleurs un peu de cette insécurité qui semblait habiter le français. Comme s'il avait peur de ne pas plaire, de ne pas pouvoir apporter ce qu'il voulait aux autres. Ou à un autre ?

- Hm... tu t'adresses pas vraiment à la bonne personne pour ce genre de question...

Il eut un un haussement d'épaules un peu gêné mais prenait la question sérieusement. Comme un exercice. Qu'est-ce qui pourrait donc le rebuter chez Maxime ? Peut-être justement ce besoin d'agir de concert avec les autres, cette difficulté qu'il soupçonnait chez le jeune homme à assumer ses propres désirs, quitte à déplaire, quitte à blesser ? Mais c'était encore trop tôt pour être certain de tout ça, aussi il croisa les bras, soucieux. Il était finalement tout le contraire de Rasmus qui avait le sentiment très clair de bien se connaitre, autant sa personnalité que ses ambitions, mais de fait se sentait parfois incapable de progresser, de dépasser ses propres contradictions.

- Difficile à dire comme ça. Pour moi ce qui est important c'est qu'il y ait une bonne synergie justement dans les ambitions, dans le travail, les rêves de chacun. Enfin, je pense. C'est peut-être ça qui risquerait de manquer, dans un couple : se mettre d'accord sur les objectifs à atteindre, les moyens à mettre pour ça, et accepter de les porter à deux, partager le fardeau en somme.

C'était à son tour cette fois d'avoir une vision assez utilitaire de la chose, mais le jeune homme avait construit une bonne part de sa personnalité autour de ses propres ambitions, de ses objectifs et de sa vision du monde, sans jamais s’autoriser à laisser de la place pour autrui. Incapable d'apprécier les autres pour ce qu’ils étaient vraiment. Il lui était de fait assez difficile d'envisager un couple autrement que par une collaboration, une alliance en somme. Les sentiments étaient quelque chose d'un peu secondaire, ne serait-ce que parce qu'il ne savait pas très bien comment tout cela allait se manifester chez lui. Si cela se manifestait.
Il haussa les épaules en soupirant. Ces questions étaient vraiment hors de sa portée, dès qu'on parlait de sentiments, de synergie, il était perdu. Pas pour rien qu'il ne faisait pas de portraits de groupe...

- Genre par exemple, tu parlais de devenir immortel, le roi du monde, en rigolant, ok, mais en vrai ? Construire à deux, ok, mais construire quoi ? C'est peut-être ça qu'il faut bien mettre au clair, avant de le proposer à ton partenaire...? Parce que sinon, ba, il sait pas dans quoi il s'engage avec toi, non ?
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MessageSujet: Re: Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus]   Dessine-moi un sorcier [Ft. Rasmus] - Page 2 EmptyDim 1 Mar - 20:51

Dessine-moi un sorcier | Rasmus & Maxime
La question se pose réellement et si jusqu’à présent Maxime n’a jamais voulu se la poser, c’est uniquement parce qu’il ne connaît pas la réponse. Ou qu’elle lui fait peur. Bien sûr que, parfois, il a envie d’être égoïste. Il a voulu l’être lorsque son frère est tombé malade. Le problème est sûrement dans le fait qu’il ne sait jamais vraiment ce qu’il veut dans la vie, ou de ce qu’il attend d’elle. Beaucoup de ses camarades savent ce qu’ils veulent faire, quelle est leur passion ; lui cherche encore la sienne, indéterminé, anxieux. Faire rire ne suffit pas, ni même rendre heureux. Sur cet aspect, il envie Rasmus dont la passion pour la peinture magique semble le porter bien plus loin dans sa vision d’avenir que lui ne le fera jamais.

“Je ne vois pas ce que je pourrais faire pour moi au détriment des autres. Je ne pense pas demander grand chose. Je ne sais pas ce que je veux. Je ne sais pas ce dont j’ai vraiment envie non plus. Et je n’ai pas d’idée d’exemple à te donner de choses que je pourrais faire qui serait purement égoïste. Je pense que peut-être… je ne me donne pas vraiment d’importance ni de valeur. Alors pourquoi perdre du temps à penser à moi, quand je peux plutôt me préoccuper de ceux qui comptent réellement.” Il ne se pense pas complètement gentil, mais plutôt… fade. Il a ce côté sympathique qui fait sourire, mais pas s’attarder. Mais c’est de sa faute, il refuse de montrer sa colère et sa tristesse, la façon dont le monde est conçu ne lui convient pas. Et quand il réfléchit à ce qu’il pourrait faire pour lui seul, il se perd car au fond, Maxime n’est pas certain de réellement se connaître. Entre ce qu’il montre, ce qu’il est, ce qu’il veut… tout est trop confus. La seule chose qui le faisait vivre dernièrement, c’était ce petit jeu de “suis-moi je te fuis” avec Peter qui lui donnait l’impression de réellement vouloir quelque chose de fort dans sa vie. Quelque chose pour laquelle il pourrait se battre. Mais cette impression est morte quand il l’a fuit de la pire des façons et aujourd’hui, il est revenu au point de départ. A se demander ce qu’il pourrait bien faire pour donner de la légitimité à son existence.
Il fronce les sourcils en écoutant le discours de Rasmus sur sa façon d’être égoïste, ou dont le monde est égoïste à partir du moment où on entreprend un grand projet. Cela lui fait mal de dire qu’il a sûrement raison et qu’il a été prouvé maintes et maintes fois que les personnes de pouvoir et de responsabilité sont souvent celles qui font le plus preuve d’égoïsme. La charité, la solidarité ne payent pas.

“Après, ce n’est pas parce que c’est vrai que c’est une bonne chose. Si on faisait tous moins preuve d’égoïsme, certaines choses n’arriveraient pas. Des guerres, des morts, des progrès qui stagnent… C’est parce qu’une seule personne décide de penser pour sa propre pomme que tout le reste est foutu en l’air.” Rasmus a au moins le mérite de jouer franc-jeu sur ce qu’il pense, même si cela fait tiquer le Beauxbâton, qui a toujours autant de mal à croire qu’on peut tant défendre l’individualisme. Mais ce sont les points de vue divergent qui font progresser les choses, alors il ne s’en offusque pas comme un autre le pourrait. Il préfère écouter ce que son camarade a à lui dire, calmement, pour essayer de comprendre la façon dont il fonctionne. Son point de vue sur les couples reste celui qui s’oppose le plus à ses convictions et Maxime se demande si Rasmus est réellement dans le faux, ou s’il n’y a pas une part de vérité dans ses mots. C’est l’expression “un jeu de mensonges” qui l’a le plus interpellé car il a beau se dire qu’il jouera toujours franc-jeu avec la personne aimée, il est conscient qu’on garde toujours une part d’ombre pour soi-même, de peur d’être jugé ou désaimé. Il en vient progressivement à poser cette question étrange au Serpentard, alors qu’il n’est pas vraiment le candidat idéal pour y répondre. Mais ils sont tous deux dans un travail d’honnêteté et il se dit que personne d’autre ne sera aussi cash que Rasmus pour ça.

Il n’obtient pas vraiment de réponse et donc, sa satisfaction n’est pas au beau fixe. De nouveau, il se contente de l’écouter, tout en se perdant un peu dans ses propres pensées, confuses.

“Ouai mais c’est pas comme ça que ça se passe l’amour, Rasmus. Tu choisis pas de qui tu tombes amoureux. Et quand tu l’es vraiment, surtout à notre âge, c’est difficile de parler de ‘construire quelque chose’ et de définir ce que sera ce ‘quelque chose’. Je ne sais même pas où je serais l’année prochaine. Je trouve ça trop compliqué de dire ‘salut je t’aime mais moi je veux faire ça de ma vie et si tu ne suis pas, bah tant pis’. On ne choisit pas de tomber amoureux d’une personne parce que ses projets ou ses rêves correspondent aux nôtres. Il faut de l’alchimie aussi. Et si les deux s’alignent parfaitement alors c’est bien mais quand tu ne sais pas ce que tu veux construire de ta vie, tu es voué à rester seul alors ?” Il fronce de nouveau les sourcils, le regard rivé dans celui de son camarade. Il a arrêté de regarder son sa main manier le pinceau, rentrant dans un sujet qui lui tient bien trop à cœur. C’est extraordinaire d’être aussi perdu quand d’autres sont à l’opposé. Maxime se sent tellement à la ramasse sur tellement de plans… et il est aussi anxieux qu’excité de devenir un adulte, puisqu’assumer ses choix fait partie du lot.

“Je ne suis même pas sûr que cette conversation t’aide vraiment pour ton portrait. Je ne me montre pas sous mon meilleur jour. D’ordinaire, je suis bien plus optimiste. C’est juste qu’en ce moment… bah l’optimisme, c’est difficile. C’est pas toujours évident de voir la vie en rose quand elle ne nous donne pas les couleurs suffisantes pour ça.” Il sourit à son petit jeu de mot un peu débile, mais qui prouve qu’il n’a pas perdu de son humour.
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